Être un couple de triathlètes ça veut dire quoi ?

couplePour beaucoup de familles, avoir un triathlète sous son toit c’est supporter la vie aux côtés d’un sportif obnubilé par ses entraînements, ses performances, son matériel, son régime, ses potes de club et ses discussions mono-sujet. Beaucoup s’imaginent que le sport en couple est la solution idéale pour allier passion et Amour, mais qu’en est-il réellement du quotidien d’un couple de triathlètes ?
Lors de nos précédents articles, nous nous sommes rendus compte de par les commentaires de nos lecteurs que cette situation était plus fréquente que nous le pensions. Alors pour comprendre ce que cela implique d’avoir un monsieur et une madame triathlète à la maison, on s’est dit qu’on allait demander à un couple de nous raconter son quotidien et comme on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, on a été voir La Gazelle et Bricefouille pour une interview croisée.

Quels sont tes rapports avec le triathlon ?

Bricefouille : Je suis venu au triathlon il y a 3 ans. Après un premier XS et une cascade à vélo je me suis lancé sur un Ironman en 2014. Depuis, je suis accroc et en plus de mes heures d’entraînements, des quelques courses annuelles, je me suis joint au projet du CDT et je me suis rapproché des responsabilités auprès du comité départemental.
La Gazelle : Je cours depuis quelques années avec des résultats honorables. Voyant Monsieur s’éclater dans son sport, je me suis dit que devais moi aussi goûter aux joies du triple effort et j’ai commandé mon beau vélo à mon anniversaire puis j’ai commencé à crawler. En bonne maman de triathlète, je suis aussi bénévole au club pour la gestion administrative des jeunes (planning des courses, les relances pour les inscriptions, le planning des parents encadrants…)

Vous vous entraînez quand ?

Bricefouille : je nage le midi avec La Gazelle une fois par semaine et j’essaie aussi d’y aller une autre fois pendant l’entraînement du fiston. La CAP c’est le mardi soir avec le club en même temps que les jeunes. De temps en temps une sortie supplémentaire un soir en semaine en amoureux et un samedi matin sur deux toujours avec le fiston. Enfin pour le vélo, je roule le dimanche matin avec le club et si possible une séance de HT un soir en semaine.
La Gazelle : Pour l’instant, j’ai un cours de crawl par semaine avec un coach et une séance pour travailler les éducatifs avec mon mari un midi en semaine. Je cours le mardi soir avec le club, une sortie longue le week-end avec une copine du club et une autre sortie soit tôt le matin avant d’aller travailler soit le soir avec mon homme. J’espère pouvoir faire un samedi sur deux avec notre fils dès que possible en forêt. Jusqu’à maintenant, j’ai surtout pédalé dans le garage sur le HT mais j’ai commencé à sortir mes roues avec les filles du club le samedi après-midi ou le dimanche avec les mecs.

Votre plus mauvais souvenir en commun ?

Bricefouille : La blessure de ma Gazelle pour son premier marathon. 3 mois de boulot et de stress gâché. Elle n’a pas pu prendre le départ. On avait tout fait pour ce soit la fête et elle a dû stopper la prépa un mois avant.
La Gazelle : Miami.  Pour mon anniversaire je devais courir mon premier marathon et je n’ai pas pris le départ. J’ai vu Bricefouille partir seul, j’ai cru mourir de chagrin.

Votre plus beau souvenir  ?

Bricefouille : J’hésite mais je dirais sa première victoire au classement féminin. Elle revenait de blessure et ce jour là elle avait des jambes de feu. Quand je lui ai dit « t’as jamais fait 1ère, vient on va chercher la gagne », j’ai adoré son regard ; elle m’a fait une course de dingue.
La Gazelle : Mon premier marathon. Après l’échec de Miami, arriver enfin au bout de cette course était un moment exceptionnel. Le mélange des émotions et la difficulté est sans comparaison avec quoi que ce soit et en plus c’est mon mari qui me passe la médaille de finisher autour du cou : inoubliable.

Le jour où tu l’as le plus détesté(e) (sportivement parlant, le reste ne nous regarde pas) ?

Bricefouille : Sur une course de préparation (Paris-Versailles), juste au départ je m’arrête pour un besoin urgent, je lui dit « part devant, je te rejoints ». Je ne l’ai jamais revue et elle a battu mon record perso sur cette course (Top 10 dans sa catégorie). Ce jour là j’ai réalisé que je ne la suivrai plus sur des courses longues.
La Gazelle : La dernière séance de fractionné avant mon premier marathon. Il a accéléré sans respecter le plan, j’ai explosé et j’ai perdu toute ma confiance pour mon objectif.  J’ai mis plus d’une journée avant de lui reparler.

C’est promis, tu ne le referas plus …

Bricefouille : lui dire qu’après cette course j’arrête tout….ça la met hors d’elle
La Gazelle : m’inscrire à une course avec des potes et sans lui dire, il est jaloux

Vous n’êtes jamais d’accord sur …

Bricefouille : l’allure des courses de prépa. Elle ne respecte rien et vise le chrono à chaque fois.
La Gazelle : les vacances. Il oublie facilement que dans vacances en famille, il y a « famille ». On a 3 enfants qui ont envie de nous voir autrement qu’en cuissard avec un casque ou en running.

C’est dur à gérer  …

Bricefouille : Qui fait du home-trainer ce soir ?
La Gazelle : Quand peut-on courir ensemble la prochaine fois ?

Il (elle) t’agace quand :

Bricefouille : elle me fait refaire le plan de préparation plusieurs fois dans la semaine.
La Gazelle : il me dit que j’ai juste à brancher ma montre sur l’ordi pour que ma sortie soit sur Strava, mais  quand je le fais, ça ne fonctionne jamais…

Le top ce serait …

Bricefouille : un second home-trainer
La Gazelle :
des journées de 36 heures ou une maison qui tourne toute seule.

Des Objectifs communs ?

Bricefouille : emmener la Gazelle sur un L dans un endroit ensoleillé
La Gazelle : un L  fin 2016, idéalement à l’étranger !

Ce que les amis ne comprennent pas :

Bricefouille : aucun de mes potes ne comprend que je laisse la Gazelle me battre sur les course.
La Gazelle : la liste des mes envies : un nouveau casque, un équipement hiver vélo, un beau maillot 2 pièces … finis les rêves de Pretty Woman, une triathlète a besoin d’équipement (mais avec le look quand même)

Pour toi le sport en couple c’est

Bricefouille : une belle surprise. Je l’ai vécu au début comme si elle venait empiéter sur ma sphère personnelle. C’était mon sport, mes moments persos, mes amis. Et puis c’est devenu notre univers, nos moments privés où nous sommes vraiment 100% ensemble. On se prépare, on se motive, on s’encourage ou on se console ensemble.
La Gazelle : la raison de notre complicité. Je le comprends plus facilement et nous nous sommes rapprochés. On profite des sorties longues ou des récup. pour parler des sujets importants de la maison (la famille, les vacances, le boulot, les projets…)

Merci à la Gazelle et à Bricefouille. On se rend compte qu’au quotidien ce ne doit pas être simple d’avoir deux compétiteurs vivant ensemble mais on comprend aussi que le sport est un ciment qui renforce la solidité de ce couple.
Qu’en est-il pour vous ?

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